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Note sur ma formation statistique, et ma découverte des agents IA

Ce texte devait accompagner un article soumis à Textyles, en varia. Le preprint est disponible ici, le dépôt git ici. Je l’ai écrit en mai 2026.

Contexte et opportunité

Il est rare que je commence un article scientifique sur la littérature par une note de contexte personnelle. Néanmoins, au vu des circonstances de rédaction de cet article, il me semblait nécessaire d’en passer par là. Ma thèse de doctorat, défendue en 2007, mobilisait des outils quantitatifs (principalement l’analyse factorielle des correspondances multiples et l’analyse structurale des relations sociales, soit l’analyse de réseaux) pour explorer la base de données du CIEL et proposer des hypothèses d’explication du fonctionnement du sous-champ littéraire belge durant l’entre-deux-guerres. Pour maîtriser ces outils techniques, j’ai abondamment travaillé seul, à partir d’articles, de livres et de méthodes récoltées en bibliothèques et sur quelques sites internet (par exemple, à l’époque, celui de Philippe Cibois, sociologue spécialisé dans le quantitatif et les AFC). Je me suis formé sur le tas, mais sentant les limites de cette posture, je suis allé suivre deux séminaires à Paris ; l’un se déroulait au premier semestre 2006 à l’EHESS (« Traiter statistiquement des individus en histoire », animé par Claire Lemercier) ; l’autre avait lieu à l’ENS sur l’année 2006-2007 (« Art et Mesure : l’art de la mesure ? », animé par Béatrice Joyeux-Prunel). Lors de ces séminaires, en particulier celui de Claire Lemercier, j’ai découvert une série de méthodes quantitatives pour l’historien[1], que je n’ai pu exploiter en détail : le coût d’apprentissage des logiciels spécialisés, dont l’ergonomie n’était pas le point fort, m’a rebuté. De surcroît, la puissance de calcul nécessaire pour certains outils rendait tout traitement un peu massif long et pénible. Ma carrière évoluant, j’ai laissé progressivement les études littéraires pour me consacrer aux humanités numériques et aux cultures vidéoludiques.

Vingt ans plus tard, je décide de tester les grands modèles de langues (les fameux LLM, « large language models »), qui sont vendus actuellement comme des « intelligences artificielles ». L’histoire de l’intelligence artificielle montre que ce vocable est réservé généralement à des technologies récentes, mimant le raisonnement humain tel qu’on se le représente grossièrement (quand ces technologies se normalisent, elles perdent leur label d’« intelligence artificielle » et deviennent des outils informatiques). Les réseaux de neurones incarnent cette dernière itération de l’intelligence artificielle[2]. Au-delà de l’emballement médiatique et de l’engouement techno-solutionniste qu’ils suscitent depuis quatre ans, il est bon de rappeler les limites de ces outils[3], pour tenter d’examiner avec la distance nécessaire les services qu’ils peuvent rendre et ce qui ne relève que de promesses creuses. Ces services possibles ne peuvent pas faire oublier les questions écologiques, juridiques, éthiques, sociales et psychologiques qui sont au cœur des problèmes drainés par ces IA. Mais ce n’est pas le lieu, dans cet article, de les aborder. Il ne me semble néanmoins pas possible de considérer cet outil comme neutre : il charrie avec lui les dangers et bouleversements liés à sa conception, tant matériels avec les ressources qu’il consomme, qu’intellectuels avec le travestissement qu’il fait subir au langage. Mimant une conversation, les chatbots dévoient l’usage de la langue comme outil intercommunicationnel entre humains, en créant l’illusion d’un énonciateur non-humain, désincarné, omniscient et totalitaire, là où ils ne sont que des fonctions mathématiques de prédiction stochastique. Cette caractéristique m’a longtemps tenu éloigné des sirènes de ces outils, que je voyais surtout comme une perte de temps : trop faible dans le raisonnement, trop prolixe dans l’énonciation, vecteur fanfaron d’une doxa néolibérale liée aux corpus d’entraînement, ces chatbots ne servaient décidément à rien, en tout cas pas à ma pratique professionnelle de chercheur.

Puis sont apparus les agents, qu’on peut démythifier directement en les ramenant à des fonctions spécialisées d’un programme informatique, mais pouvant être exprimés dans une langue non formalisée sur un mode spécialisé. Ces agents sont autant de bouts de programme qui font des choses précises : nettoyer un tableau de données à partir d’instructions spécifiques, installer d’autres fonctionnalités sur votre ordinateur et contrôler leur fonctionnement, construire des suites d’instructions qui s’enchaînent pour créer des procédures, etc. Les usages de ces agents sont nombreux et comme ils peuvent être programmés lors de la « discussion » avec le chatbot, ils peuvent virtuellement s’adapter à tous les contextes.

Explorer des données avec des agents IA

De cette manière, j’ai pu tester la solution proposée par Anthropic, Claude IA. S’il s’agit bien d’un agent conversationnel classique (et donc soumis aux mal nommées « hallucinations », c’est-à-dire la propension des modèles de langages à produire une suite statistiquement probable de mots afin de construire des phrases contextualisées, et donc parfois à produire n’importe quoi pour différentes raisons — dont la principale reste les lacunes au sein du corpus d’entraînement), sa force est de permettre, grâce à Claude Code, de construire des agents IA mobilisant une série de ressources beaucoup plus classiques, comme des logiciels de traitement statistique en ligne de commande, dans mon cas python et différentes extensions (pandas, numpy, matplotlib, plotly, prince, networkx, etc.). L’IA est donc à concevoir comme une interface de contrôle de l’ordinateur, offrant une ergonomie débouchant sur une maîtrise qu’il n’était possible d’acquérir qu’à la suite d’un investissement massif en temps. La question de la confiance dans l’outil redevient apaisée : la vérifiabilité et la compréhension complète de ce qui est fait comme traitement des données restent au cœur de la démarche (ce n’est pas le modèle de langage qui effectue les calculs sur les données, mais bien des logiciels spécialisés et aux opérations reproductibles).

Après différents tests sur mes corpus de recherche actuels (les jeux vidéo belges[4] et la scène démo belge[5]), j’ai voulu explorer les possibilités de traitement offertes par ce nouvel outil sur un corpus riche et structuré, la base de données du CIEL. Les premières propositions générées de manière quasiment automatiques par l’outil, seulement à partir des données, restaient extrêmement plates : des évolutions de données dans le temps (par exemple les années de naissance, comme sur la figure 1) ou l’âge lors du décès (figure 2). Sans hypothèse, rien de transcendant n’est produit, ce qui corrobore le fait que la machine, contrairement à ce que la promotion de l’outil veut faire croire, ne pense pas.

Diagramme en barres empilées : répartition des auteurs entre hommes et femmes par cohorte de naissance, de 1820-1839 à 1940-1959. L’effectif culmine à environ 360 auteurs pour la cohorte 1880-1899, puis décroît ; la proportion de femmes, marginale avant 1860, atteint son maximum dans la cohorte 1900-1919 (environ un sixième des effectifs).
Figure 1
Histogramme de l’âge au décès de 737 auteurs, superposé par sexe. La distribution, très asymétrique, culmine entre 70 et 75 ans (environ 108 auteurs) et reste élevée jusqu’à 90 ans ; les décès avant 50 ans sont rares.
Figure 2

De même sur les œuvres : l’outil produit quelques représentations qui n’avaient pas été présentées telles quelles, mais rien de bouleversant.

Diagramme en barres empilées : nombre d’éditions par décennie, des années 1900 aux années 1970, ventilé par lieu d’édition (Bruxelles, Bruxelles et Paris, Paris, autre lieu, inconnu). Le volume culmine dans les années 1930 avec environ 2750 éditions, dont un peu plus d’un tiers publiées à Bruxelles, avant de refluer nettement à partir des années 1950.
Figure 3

Le nombre d’œuvres par genre et par décennie n’avait pas été calculé de la sorte (figure 4).

Carte de chaleur croisant huit genres (roman, poésie, essai, théâtre, contes, nouvelles, biographie, anthologie) et les décennies 1900 à 1960 : plus la case est foncée, plus le nombre d’œuvres est élevé. Les valeurs les plus fortes concernent le roman des années 1930 et 1940 (jusqu’à plus de 500 titres), suivi de la poésie et de l’essai ; les genres brefs et la biographie restent partout marginaux.
Figure 4

Je suis donc resté sur ma faim lors de ce tour de chauffe. Les données ne « parlent » pas d’elles-mêmes, et le modèle de langage est peu disert à leur sujet. Au mieux, ces premiers croisements de données permettent de faire un bilan du contenu de la base CIEL, comme pour les revues encodées (figure 5).

Diagramme en barres horizontales : les vingt revues comptant le plus d’articles encodés dans la base CIEL. En tête, Le Flambeau (environ 2800 articles) et La Revue sincère (environ 2700), devant le Bulletin officiel de l’Association des écrivains belges, la Renaissance d’Occident et 7 Arts ; la dernière du classement, Signaux de France et de Belgique, compte moins de 200 articles.
Figure 5

Les choses sont devenues beaucoup plus intéressantes à partir du moment où j’ai donné au chatbot plus de contexte : je lui ai demandé de tenir compte des résultats de ma thèse, publiés notamment dans deux articles de synthèse, dans Histoire et Mesure[6] et Mémoires du livre[7] et de me proposer différentes méthodes statistiques pour aller plus loin. L’analyse factorielle et l’analyse de réseaux m’avait permis de mettre en avant la catégorie des animateurs de la vie littéraire, qui reposait sur un fort capital relationnel. L’effet de ce capital sur la reconnaissance institutionnelle (je parlais de consécration, mais le terme est trop chargé pour que je continue à l’employer dans le contexte de l’examen d’une carrière durant le vivant de l’auteur[8]) avait été suggéré, mais pas montré de manière robuste. Deux options auraient pu être creusées : l’élaboration de trajectoires prototypiques à partir du corpus des écrivains et la validation du paramètre « capital relationnel » comme surdéterminant pour la reconnaissance institutionnelle au sein du sous-champ littéraire belge francophone. J’avais repéré les outils nécessaires pour envisager ces approches : l’analyse de séquences et la régression logistique, que Zalc et Lemercier présentent dans leur ouvrage. Néanmoins, la maîtrise de ces outils demandait un investissement que je n’avais jamais produit ; leur accès en est néanmoins facilité grâce à ce qu’on nomme l’IA agentique, qui aide à piloter les logiciels responsables de ces analyses et à comprendre les multiples paramètres à mobiliser. Je souhaiterais donc développer ces deux grandes pistes dans les pages qui suivent. Pour ce faire, après cette mise en contexte personnelle, je renoue avec un style explicatif plus neutre, propre à mes travaux antérieurs en sociologie de la littérature.

Notes

  1. Avec Claire Zalc, elle fera un manuel de cet enseignement, qui restera longtemps un de mes livres de chevet : Méthodes quantitatives pour l’historien, Paris, La Découverte, 2008, coll. « Repères ».
  2. Sur l’histoire et la critique de l’IA, voir les travaux d’Anne Alombert, en particulier De la bêtise artificielle, Paris, Allia, 2025 et l’introduction à l’ouvrage collectif dirigé par Anne Alombert, Alban Leveau-Vallier, Baptiste Loreaux, Penser l’intelligence artificielle – Enjeux philosophiques, politiques et culturels de l’automatisation numérique, Dijon, Les Presses du Réel, 2026. Pour une explication accessible des enjeux liés au progrès de la décennie 2010-2020, voir Melanie Mitchell, Intelligence artificielle : triomphes et déceptions, Malakoff, Dunod, 2021. Sur les hauts et les bas des différents paradigmes au sein du champ de l’IA, voir Dominique Cardon, Jean-Philippe Cointet et Antoine Mazières, « La revanche des neurones. L’invention des machines inductives et la controverse de l’intelligence artificielle », in Réseaux, vol. 211 (16 novembre 2018), no 5, p. 173-220.
  3. Voir à ce sujet l’essai vivifiant d’Emily M. Bender et Alex Hanna, The IA Con. How to Fight Big Tech’s Hype and Creat the Future We Want, New York, Harper Collins, 2025, qui rappelle qu’il ne faut pas se laisser berner par les discours promotionnels creux reposant sur des promesses irréalistes. Bender avait déjà cosigné un article comparant les chatbots à des « perroquets stochastiques », fortement dépendant des données d’entraînement : Emily M. Bender, Timnit Gebru, Angelina McMillan-Major, Shmargaret Shmitchell, « On the Dangers of Stochastic Parrots: Can Language Models Be Too Big? », Proceedings of the 2021 ACM Conference on Fairness, Accountability, and Transparency, 2021, doi:10.1145/3442188.3445922.
  4. Voir https://bjorn-olav.net/571 et https://bjorn-olav.net/566.
  5. Voir https://bjorn-olav.net/563.
  6. Björn-Olav Dozo, « Sociabilités et réseaux littéraires au sein du sous-champ belge francophone de l’entre-deux-guerres », in Histoire et Mesure, XXIV (2009), no 1.
  7. Björn-Olav Dozo, « La production littéraire des Belges francophones durant l’entre-deux-guerres. Examen d’un premier inventaire », in Mémoires du Livre, vol. 1 (2010), no 2.
  8. Sur la question de la consécration en Belgique francophone, voir Björn-Olav Dozo et François Provenzano, « Comment les écrivains sont consacrés en Belgique », COnTEXTES, 7 | 2010. URL : http://journals.openedition.org/contextes/4637 ; DOI : https://doi.org/10.4000/contextes.4637. Dans cet article, nous isolions deux scènes consécratoires, l’ARLLF et les groupes surréalistes belges, qui répondaient à des logiques institutionnelles différentes. Pour éviter la contradiction avec ces scènes consécratoires et mieux rendre raison de ce que j’observe réellement lors de l’examen de la régression logistique, j’ai choisi de nommer cette variable la reconnaissance institutionnelle.
  9. Andrew Abbott, « Sequence Analysis: New Methods for Old Ideas », Annual Review of Sociology, vol. 21, 1995, p. 93-113.
  10. Laurent Lesnard and Thibaut de Saint Pol, « Introduction aux méthodes d’appariement optimal (Optimal Matching Analysis) », Bulletin de méthodologie sociologique, 90 | 2006, p. 5-25, http://journals.openedition.org/bms/638 et Laurent Lesnard, « Setting Cost in Optimal Matching to Uncover Contemporaneous Socio-Temporal Patterns », Sociological Methods & Research, vol. 38, n° 3, 2010, p. 389-419. Une synthèse française peut aussi être mise en avant : Nicolas Robette, Explorer et décrire les parcours de vie : les typologies de trajectoires, Paris, Ceped, coll. « Les Clefs pour », 2011.
chantier politique

Humanistica : première assemblée générale

Le mardi 8 juillet 2014 se tiendra à Lausanne la première assemblée générale (AG) d’Humanistica, l’association francophone des humanités numériques/digitales. Cette AG se tiendra sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) de 10h à 16h. Grâce au soutien de DH 2014, elle a lieu en tant qu’événement organisé en marge du colloque international.

Cette assemblée inaugurale, dont la préparation avait été confiée lors du THATCamp de Saint-Malo 2013 à un comité de quinze personnes élues par les participants pour préparer le processus de fondation de l’association, se déroulera en deux temps. Durant la matinée, les participants pourront prendre connaissance des statuts, les valider, élire le comité de l’association, et enfin adopter le règlement intérieur. L’après-midi s’organisera autour d’ateliers proposés par les participants souhaitant soumettre un projet à l’association. À partir de ces projets, Humanistica se structurera pour remplir ses missions de forum et de lobbying en faveur des digital humanities francophones.

L’AG est ouverte sans frais à toute personne intéressée par cette initiative. Il sera possible d’assister aux débats en tant qu’auditeur libre, ou de devenir sur place membre de l’association pour participer aux délibérations et aux prises de décisions collectives. Les statuts et le règlement intérieur qui seront présentés le 8 juillet seront prochainement disponibles en ligne sur le site de l’association (actuellement en cours de construction ; le site sera indiqué ici prochainement). Les personnes intéressées à candidater pour l’une des douze places au comité sont invitées à envoyer jusqu’au 28 juin une lettre de candidature à Pierre Mounier : pierre [point] mounier [at] openedition [point] org. Chaque candidat précisera s’il désire représenter un pays (et dans ce cas, lequel) ou représenter les doctorants. Les candidatures et leurs présentations seront mises en ligne sur le site de l’association au 1er juillet.

chantier politique

Premiers pas d’une association francophone des DH

Le compte rendu de la réunion qui s’est déroulée au ThatCAMP Saint-Malo en vue de la constitution d’une association francophone des humanités numériques/digitales se trouve maintenant en ligne.

cours politique

Les MOOCs français sur FUN

Découvert aujourd’hui : https://www.france-universite-numerique-mooc.fr/

Inscription à ces trois-là, qui commencent en janvier et février. Tout cela a l’air passionnant.

  • Comprendre le Transmedia Storytelling

    Début du Cours – Jan 13, 2014

    07001 Comprendre le Transmedia Storytelling Image de couverture
    Université Michel de Montaigne Bordeaux 3
  • Introduction aux réseaux mobiles

    Début du Cours – Feb 04, 2014

    04001 Introduction aux réseaux mobiles Image de couverture
    Institut Mines-Télécom
  • La Fabrication Numérique

    Début du Cours – Jan 06, 2014

    04002 La Fabrication Numérique Image de couverture
    Institut Mines-Télécom

politique

Programme open access week

La semaine de l’open access se déroulera la semaine prochaine. J’ai la chance d’y participer. Un extrait du programme :

Poster OAW A3

OPEN ACCESS 2013

Les RDV de l’Open Access Week 2013

 21 OCTOBRE À LA FMSH – AUDITORIUM DU FRANCE

« L’Open Access pour tous »

  • 18h-18h30: Introduction : l’OA pour tous
    • Hervé le Crosnier
  • 18h30: Exemples concrets
  • 20h: Open Buffet

 23 OCTOBRE À L’EHESS – PARIS

« L’Open Access pour la recherche »

politique publication

Débat à la rentrée académique sur l’open access

Comme trace de ce débat passé (25 septembre 2013), l’annonce et la liste des invités et une copie de la conduite que j’avais proposée aux intervenants :

1. L’open access et les mandats (institutionnels, nationaux, européen)

a.      Succès de l’open access à l’ULg lié au mandat institutionnel. Modèle qui se diffuse ailleurs ?

b.      Mandats nationaux ? Mandat européen lié aux financements européens ? Quelle position des pouvoirs publics ? Incitation, contrainte, subsides de l’open access ?

c.      Liberté du chercheur de choisir ses lieux de publication, lieux qui parfois refusent le dépôt en open access ?

d.      Accès du public à la littérature de recherche : pertinence ? danger ?

e.      En plus des articles, données à placer également en open access (open data) ? Livres ? Autres types de publications ?

f.       Problème de la sécurisation de la prise de risques (médecine, sciences)

g.      Dépôt lié à une institution universitaire ? centralisé par thème ? centralisé par pays ?

h.      Que penser des initiatives privées (ResearchGateAcademia, etc.) ?

2. Économie et financement de l’open access

a.      Que coûte un dépôt institutionnel ? Une mutualisation des coûts est-elle un argument en faveur d’une centralisation ?

b.      Comment financer le gold ?

c.      Différencier le gold de l’APC (article processing charges = auteur-payeur) : autres stratégies de financement

d.      Quel investissement des pouvoirs publics ?

e.      Quel rôle pour des organismes de financement de la recherche comme le FNRS (subsides à la publication pour des ouvrages ou des revues, prise en charge des frais de publication d’articles) ?

f.       En SHS, que faire des petits éditeurs (vus comme les partenaires des chercheurs) dont le modèle économique est précaire ?

3. Open access et évaluation de la recherche

a.      Liens entre dépôt institutionnel et évaluation quantitative des chercheurs ?

b.      Meilleure évaluation si richesse des métadonnées (résumé, mots-clés) car meilleure visibilité des enjeux ?Open access comme politique de communication du chercheur ?

c.      Rôle du dépôt institutionnel dans le travail des conseils de la recherche à l’ULg ?

d.      Facteur d’impact et revues en open access

e.      Epi-revues (revues fondées sur le dépôt préalable d’articles dans des archives open access puis par une évaluation et un regroupement thématique des liens vers ces articles par les comités des épirevues) : un bouleversement futur de nos pratiques ?

Et pour être complet, le hashtag Twitter : #OAulg2013

Bientôt, un résumé en vidéo (sur la webTV ULg) :

politique

Intervention de Pierre Mounier à la rencontre sur l’open access en SHS à l’Institut de Géographie de l’Université de Paris (26/3)

Intervention particulièrement juste sur le fond et dans son ton de Pierre Mounier à la rencontre sur l’open access en SHS à l’Institut de Géographie de l’Université de Paris (26/3), organisée à la suite de la tribune parue dans Le Monde (évoquée par Times Higher Education).

Voir aussi un compte rendu détaillé : Open Access en SHS : « l’intendance suivra ! »

politique

Tribune en faveur de l’open access dans Le Monde

Comme premier élément de réanimation de ce carnet dormant (ceux qui ont des enfants comprendront), une tribune parue hier dans Le Monde.

Qui a peur de l’open access ?

En juillet 2012, la Commission européenne a émis une recommandation relative à la publication en accès ouvert (c’est-à-dire gratuit pour le lecteur) des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics (Lire Le Monde 28 février 2013). La Commission considère en effet qu’une telle démarche est nécessaire pour renforcer la visibilité de la recherche européenne à l’horizon 2020, en levant progressivement les obstacles qui se dressent entre le lecteur et l’article scientifique, après un éventuel embargo de six à douze mois. Cet avantage, l’Amérique latine, par exemple, l’a déjà saisi depuis une décennie en lançant de puissantes plateformes de revues en accès ouvert. Scielo et Redalyc, qui comptent à elles deux près de 2000 revues ont considérablement gagné en visibilité grâce à l’accès ouvert : le portail brésilien Scielo est désormais plus consulté que l’américain Jstor. Ces exemples montrent que l’accès ouvert change le rapport de forces dans un monde dominé par des groupes détenant des portefeuilles de milliers de revues majoritairement de langue anglaise : il ouvre la porte à ce qu’on peut appeler une véritable bibliodiversité en favorisant l’émergence d’une pluralité de points de vue, de modalités d’édition, de paradigmes scientifiques, de langues.

Voir la suite sur le site du Monde.

 

 

politique

Soutien aux étudiants grévistes québécois

Voici un texte que j’ai écrit mardi 29 dans la journée. L’objectif était de le faire paraître comme carte blanche dans un journal national, en le signant avec J.-P. Bertrand et Min Reuchamps au nom du Centre d’études québécoises de l’ULg. Au vu des développements d’hier, je ne sais pas s’il paraîtra finalement. Je le dépose ici comme trace de l’événement, vu de Belgique. Il s’agit de la première version non retravaillée, non celle qui a été soumise au Soir hier.

Le Québec connaît depuis plus de cent jours une grève de nombreux étudiants des collèges et des universités, rejoints par une frange importante de leurs professeurs. Des mesures exceptionnelles ont été votées par un gouvernement incapable de dialoguer avec les étudiants (jusqu’au 28 mai, le Premier Ministre n’avait rencontré aucun des représentants des étudiants contestataires). Comment en est-on arrivé là ? Comment la Belle Province, terre de la « révolution tranquille », a-t-elle vu fleurir son « printemps érable » ? lire la suite »